Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.

Arnaud Diemer : immersion au cœur du Donbass avec un photographe alsacien
-
Découvertes
- 24 Février 2022
Loin des chaînes info et des journaux télévisés, Uncultured vous propose de découvrir le conflit ukrainien sous un regard nouveau : celui du photographe haut-rhinois Arnaud Diemer

Loin des chaînes info et des journaux télévisés, Uncultured vous propose de découvrir le conflit ukrainien sous un regard nouveau : celui du photographe haut-rhinois Arnaud Diemer
Comme beaucoup, Arnaud est tombé dans la photographie dès l’enfance : grâce à un père et un frère photographe, il nous raconte que sa situation familiale lui a permis « (…) de leur chaparder leur matériel assez tôt pour faire mes expérimentations et découvrir ce monde. »
Aujourd’hui, c’est l’Ukraine et plus particulièrement le Donbass qu’il nous invite à découvrir grâce à son précieux témoignage.
U.M : « Pourquoi avoir choisi de photographier le Donbass ? »
« Couvrir des conflits a toujours été mon plan, et toujours dans une optique plus saine que le voyeurisme du malheur humain ou le « war tourism« . L’histoire de l’Ukraine est riche et le territoire est bien plus connecté à l’Europe qu’on le pense, je me devais, à ma petite échelle, de partager ça. »
Photographier la violence et la peur avec éthique, c’est le crédo d’Arnaud : « C’est dans les pires endroits que tu vois les plus beaux liens humains. Ça en dit long sur notre nature. »
Quand on le questionne quant à ses influences, celui-ci nous parle immédiatement de la photographe Véronique de Viguerie : « (…) elle arrive à suivre des Taliban en reportage au cœur de l’Afghanistan. Sans ces personnes, les situations critiques ne seraient pas exposées à la lumière du jour, et donc les pays plus stables ne bougeraient jamais le petit doigt. ». Loin de représenter une course au buzz, la photographie de guerre est avant tout une discipline humaine et engagée pour Arnaud Diemer.

U.M : « Au vu des récents événements, cette série acquiert une nouvelle résonance : comptes-tu la poursuivre ? Un nouveau voyage est-il prévu ? »
« Absolument, j’ai des amis là bas, et particulièrement à Kramatorsk et Kiev, qui sont sous le feu actuellement. Ça va être difficile de pénétrer dans le pays maintenant qu’il est sous loi martiale – plus de vols, frontières closes – sans compter l’économie de guerre qui s’enclenche avec les prix des fixers (des agents de liaison extrêmement important sur le terrain pour la traduction, la sécurité et la connexion avec les forces militaires) qui flambent… Donc j’ai lancé mes requêtes, on verra si j’ai les accréditations à temps pour passer les check points. »
U.M : « Comme tu l’as évoqué, difficile d’entrer dans le pays pour le moment. Lors de tes derniers voyages, avais-tu déjà rencontré des difficultés liées à la situation géopolitique dans la zone ? »
« J’ai eu la chance de rencontrer les charmantes personnes du SBU, les services secret ukrainien, après avoir comme un idiot survolé une portion de base militaire en drone. »
Après ce premier déboire, Arnaud a écopé d’un interrogatoire de cinq heures et a été l’objet de nombreuses filatures les jours suivants.
« Mais plus sérieusement, c’est normal. C’est un pays en guerre, ils ont constamment des espions Biélorusses et Russes sur le terrain alors toutes les pistes doivent être étudiées. J’avais un excellent assistant avec les meilleurs contacts – shout out à Alexandre Craeye – et j’ai eu la chance d’être coaché par une entreprise de sécurité tenue par d’anciens vétérans d’Irak. Je sais que si ce n’est pas déjà le cas, ça me sauvera la vie un jour. »

Malgré tout, Arnaud nous rappelle qu’une telle expédition n’est pas sans danger et que, sans une préparation adéquate, il est possible de subir de sévères conséquences.
U.M : « Si tu ne devais garder qu’une photo prise là-bas, laquelle choisirais-tu ? »
« Pour la photo, dur à dire, mais je vais partir sur un symbole. Quand j’ai visité Avdiivka, la dernière « grande » ville avant le territoire de Donetsk, quand je suivais une ONG de déminage en mission de sensibilisation on est tombé sur un paon qui nous faisais la roue. Improbable. C’est le meilleur exemple que même dans les pires endroits, on est touché par la grâce. Le contraste était saisissant. »











